Une Atlantide Amazonienne – Books Paris, Numéro 12 Mars-Avril 2010

Français, Presse

 

Nous pensons presque toujours que le mythes sont des histoire naïve qui enveloppe les songes de les enfants et les ingnorances des primitifs. Ils sont bien plus que celà”, écrivait le critique littéraire José Castello dans l’hebdomadaire brésilien Época à propos du dernier livre de Milton Hatoum, Orphelins de l’Eldorado.

Cette romance initiatique articulée au mythe de la cité perdue est le quatrième livre d’un auteur que beaucoup considèrent comme le plus grand écrivain brésilien du moment. L’auteur répondait à une commande des éditions Houghton Mifflin pour le lancement de la collection « Mythes ». Ambassadeur des lettres brésiliennes, Hatoum a décidé de s’attaquer au mythe de l’Eldorado en plongeant dans l’abondante littérature sur le sujet. C’est sans doute pourquoi l’écriture du roman ne fut pas une partie de plaisir, confiait-il à la Folha de São Paulo.

Comme dans ses précédents romans, l’histoire se déroule en Amazonie. Le personnage principal, Arminta, circule d’une ville à l’autre (Manaus, Belém et l’imaginaire Vila Bela), observant sans illusions le déclin économique d’une région qui fut autrefois la mine d’or de l’Empire portugais. À Vila Bela, il s’éprend de la belle Dinaura, dont la disparition fait peu à peu glisser l’histoire vers la légende. On raconte en effet que des jeunes filles se seraient autrefois laissé séduire, aux abords du fleuve, par des crapauds, des serpents et des dauphins qui les auraient entraînées jusqu’aux ruines d’une cité perdue, le fameux Eldorado, jadis englouti par « les eaux puissantes et obscures de l’Amazone », dont Hatoum fait le véritable personnage central du roman. L’écrivain brésilien opère ainsi un rapprochement inattendu entre la cité d’or qui fascinait les conquistadors, et l’Atlantide, autre cité utopique. Séduit par le style du récit, « délicat mélange d’imprécision et d’élévation par lequel les personnages transitent à la frontière entre légende et histoire », José Castello ne tarit pas d’éloges sur cette fable, « probablement le récit le plus inspiré de Milton Hatoum », qui « célèbre la force des mythes », mais en « indique en même temps les limites ».

 Milton Hatoum, Orphelins de l’Eldorado, Actes Sud, à paraître le 3 mars 2010.

http://www.miltonhatoum.com.br/wp-content/uploads/2010/06/Books-orphelins-de-leldorado.pdf

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